|
Ces garantes de la
tradition équestre européenne, base de toute l’équitation mondiale, ont rivalisé
en virtuosité devant un public de connaisseurs tellement nombreux qu’il a fallu
exceptionnellement ajouter des rangs de fauteuils dans de la grande salle de
Bercy. Si ces grandes écoles
drainent tant de spectateurs, c’est qu’elles nous font voyager dans l’Histoire,
au temps où l’on vénérait le cheval. Aujourd’hui, ces écoles maintiennent et
perfectionnent la recherche de l’harmonie parfaite du couple cavalier/monture
avec, toutefois, de petites différences locales.

L'Ecole de Vienne, dite
"espagnole" à cause des origines de ses chevaux, est la plus ancienne
(1572). C’est la plus vénérable, et la plus élégante des quatre (elle l’est
encore davantage quand elle se produit chez elle, dans son manège baroque
d'architecture). A Bercy, sa magnifique équipe de dressage, composée de huit
étalons blancs, évoluait sur la chorégraphie toujours brillante et subtile des
grandes heures équestres de l’empire austro-hongrois, qui éblouit les
spectateurs depuis 400 ans. L’Ecole Espagnole
présentait aussi une reprise aux longues rênes : un enchantement. Le
cheval et l’homme évoluaient en symbiose, comme suspendus hors du temps.
L’étalon Conversano Dagmar et son écuyer excellaient aux trois allures, aux
changements de pied, pirouettes, piaffés, passages et mouvements latéraux.



L’Ecole de Cavalerie
devait être à Saumur… Dès la veille de Noël 1814, le roi Louis XVIII crée à
Saumur « l’Ecole d’ Instruction des Troupes à cheval ». Elle ne
fonctionnera véritablement que de 1816 à 1822. Elle fut rétablie par ordonnance
du 11 novembre 1824 par le Roi Charles X sous le nom d’ Ecole Royale de
Cavalerie. Elle comprenait un manège militaire et un manège d’académie dans
lesquels on enseignait les principes d’équitation militaire. Les airs relevés y
étaient officiellement pratiqués.En 1828, au premier
Carrousel, les cadres présentèrent les reprises des Sauteurs et d’Instructeurs,
Ces derniers étaient coiffés de l’actuel « Chapeau de manège », Mais
la tenue n’étaient pas noire, elle le deviendra sous le règne de Louis –Philippe. L’Ecole de Saumur est, des quatre écoles, la
seule à présenter un spectacle de saut d'obstacles, extrêmement plaisant et
d’une précision technique inouï. A Bercy, le colonel Jean-Michel Faure, écuyer
en chef, et l’écuyer Jean-Jacques Boisson ont franchi un piquet d’un mètre
environ de haut et de quelques centimètres de large

L’Ecole
de Lisbonne est la benjamine des quatre écoles. Elle a été fondée en 1979 par
Filipe Figueiredo Graciosa. Vétérinaire réputé, cavalier international de
dressage et disciple du grand maître Nuno Oliveira, il mène lui-même ses
écuyers à la parade. Les montures de l’Ecole sont de puissants Lusitaniens
« Alter Real » (de souche impériale). L’Ecole présentait à Bercy de
jeunes chevaux dans des exercices classiques, avec toutefois quelques
innovations scénographiques, comme ce plancher sous les sabots des chevaux, qui
permettait aux spectateurs d’entendre la sarabande du piaffer.

L’Ecole
de Jerez, fondée en 1973 par Don Alvaro Domecq Romero, a présenté des reprises
d’une grande originalité. Sa démonstration de « Doma Vaquera »
rendait un puissant hommage à l’équitation ibérique de travail, d’une précision
sans faille puisqu’il s’agit de se frotter aux taureaux. Quant à l’écuyer
Rafael Soto Andrade, c’est un immense champion doublé d’un grand comédien mais,
quand on est médaillé olympique, on a le droit, et même le devoir, d’être un
brin « cabot ». Sur son étalon blanc de pure race espagnole (le
fameux Invasor IV), il offrit une reprise de dressage magistrale, d’une
légèreté incomparable.

Enfin, les quatre écoles
se retrouvaient dans deux représentations communes rassemblant 16 chevaux
« Sauteurs ». D’abord tenus en mains, puis montés, ils permirent aux
spectateurs béotiens, d’apprécier la pesade, la levade, la courbette, la courbette
sautée, la croupade, la ballotade et la puissante cabriole, spécialité de
l’Ecole Espagnole de Vienne, que le Cadre noir exécute également avec panache.

ASSOCIATION FRANCAISE DU LIPIZZAN
23 Bd du château 92200
NEUILLY
contact : Jean-Claude DUHAMEL Langadran 29610 Plouigneau 02 98 67 75 20
|