Le Gala des quatre Ecoles d'art Equestre

 

Le miracle a eu lieu. Les quatre écoles européennes d'équitation classique se sont associées pour un gala inédit à Paris, les 23, 24 et 25 novembre 2007.

Pour la première fois, le Cadre noir de Saumur, l'Ecole espagnole de Vienne (Autriche), l'Ecole royale andalouse d'art équestre de Jerez (Espagne) et leur homologue portugaise de Queluz, près de Lisbonne, se sont produites ensemble au Palais omnisports de Bercy.

 

 

Ces garantes de la tradition équestre européenne, base de toute l’équitation mondiale, ont rivalisé en virtuosité devant un public de connaisseurs tellement nombreux qu’il a fallu exceptionnellement ajouter des rangs de fauteuils dans de la grande salle de Bercy. Si ces grandes écoles drainent tant de spectateurs, c’est qu’elles nous font voyager dans l’Histoire, au temps où l’on vénérait le cheval. Aujourd’hui, ces écoles maintiennent et perfectionnent la recherche de l’harmonie parfaite du couple cavalier/monture avec, toutefois, de petites différences locales.

 

L'Ecole de Vienne, dite "espagnole" à cause des origines de ses chevaux, est la plus ancienne (1572). C’est la plus vénérable, et la plus élégante des quatre (elle l’est encore davantage quand elle se produit chez elle, dans son manège baroque d'architecture). A Bercy, sa magnifique équipe de dressage, composée de huit étalons blancs, évoluait sur la chorégraphie toujours brillante et subtile des grandes heures équestres de l’empire austro-hongrois, qui éblouit les spectateurs depuis 400 ans. L’Ecole Espagnole présentait aussi une reprise aux longues rênes : un enchantement. Le cheval et l’homme évoluaient en symbiose, comme suspendus hors du temps. L’étalon Conversano Dagmar et son écuyer excellaient aux trois allures, aux changements de pied, pirouettes, piaffés, passages et mouvements latéraux.

 

 

 

L’Ecole de Cavalerie devait être à Saumur… Dès la veille de Noël 1814, le roi Louis XVIII crée à Saumur « l’Ecole d’ Instruction des Troupes à cheval ». Elle ne fonctionnera véritablement que de 1816 à 1822. Elle fut rétablie par ordonnance du 11 novembre 1824 par le Roi Charles X sous le nom d’ Ecole Royale de Cavalerie. Elle comprenait un manège militaire et un manège d’académie dans lesquels on enseignait les principes d’équitation militaire. Les airs relevés y étaient officiellement pratiqués.En 1828, au premier Carrousel, les cadres présentèrent les reprises des Sauteurs et d’Instructeurs, Ces derniers étaient coiffés de l’actuel « Chapeau de manège », Mais la tenue n’étaient pas noire, elle le deviendra sous le règne de Louis –Philippe. L’Ecole de Saumur est, des quatre écoles, la seule à présenter un spectacle de saut d'obstacles, extrêmement plaisant et d’une précision technique inouï. A Bercy, le colonel Jean-Michel Faure, écuyer en chef, et l’écuyer Jean-Jacques Boisson ont franchi un piquet d’un mètre environ de haut et de quelques centimètres de large 

 

L’Ecole de Lisbonne est la benjamine des quatre écoles. Elle a été fondée en 1979 par Filipe Figueiredo Graciosa. Vétérinaire réputé, cavalier international de dressage et disciple du grand maître Nuno Oliveira, il mène lui-même ses écuyers à la parade. Les montures de l’Ecole sont de puissants Lusitaniens « Alter Real » (de souche impériale). L’Ecole présentait à Bercy de jeunes chevaux dans des exercices classiques, avec toutefois quelques innovations scénographiques, comme ce plancher sous les sabots des chevaux, qui permettait aux spectateurs d’entendre la sarabande du piaffer.

 

L’Ecole de Jerez, fondée en 1973 par Don Alvaro Domecq Romero, a présenté des reprises d’une grande originalité. Sa démonstration de « Doma Vaquera » rendait un puissant hommage à l’équitation ibérique de travail, d’une précision sans faille puisqu’il s’agit de se frotter aux taureaux. Quant à l’écuyer Rafael Soto Andrade, c’est un immense champion doublé d’un grand comédien mais, quand on est médaillé olympique, on a le droit, et même le devoir, d’être un brin « cabot ». Sur son étalon blanc de pure race espagnole (le fameux Invasor IV), il offrit une reprise de dressage magistrale, d’une légèreté incomparable.

 

Enfin, les quatre écoles se retrouvaient dans deux représentations communes rassemblant 16 chevaux « Sauteurs ». D’abord tenus en mains, puis montés, ils permirent aux spectateurs béotiens, d’apprécier la pesade, la levade, la courbette, la courbette sautée, la croupade, la ballotade et la puissante cabriole, spécialité de l’Ecole Espagnole de Vienne, que le Cadre noir exécute également avec panache.

 

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